Jeudi 13 septembre 2007
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Par
Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre, président d'honneur du PRG
Personne ne peut nier le dynamisme et le volontarisme dont fait preuve M. Sarkozy. Mais personne ne peut ignorer non
plus les risques que comporte sa manière d'exercer la fonction présidentielle. De la présidence minimaliste de Jacques Chirac on est passé à une présidence suractive, à une hyperprésidence qui
est en première ligne sur tous les fronts. Omnipotent, M. Sarkozy intervient et tranche dans tous les domaines, parfois jusqu'au moindre détail. Omniprésent, il s'adresse presque chaque jour
aux Français par le canal des médias.
Ce mode de fonctionnement pose plusieurs problèmes. D'abord, il n'est pas conforme à la Constitution de 1958. Pour de Gaulle, le président
était seulement « en charge de l'essentiel ». Pour le reste, c'était le gouvernement qui devait « déterminer et conduire la politique de la nation »,
gouvernement responsable devant l'Assemblée nationale et dont le premier ministre était le chef véritable. Désormais, Matignon a perdu toute autonomie par rapport à l'Élysée. Au demeurant,
François Fillon avait préconisé la suppression du poste de premier ministre dans son dernier ouvrage, paru en 2006. On ne peut donc s'étonner qu'il consente à une forte dévalorisation de cette
fonction.
En tout cas, le premier ministre est devenu un simple exécutant des volontés présidentielles. Comme le reconnaît lui-même
M. Fillon : « Le premier ministre est là pour mettre en oeuvre la politique du président de la République. » Sa soumission à l'Élysée est telle que
M. Sarkozy a pu le qualifier de « collaborateur ». Relégué dans l'ombre, très peu présent sur la scène publique, le premier ministre a moins d'influence que le
secrétaire général de l'Élysée, qui semble être devenu à sa place le numéro deux de l'État. Quant aux ministres, leur liberté d'action est réduite à néant. Le chef de l'État intervient
directement dans leur domaine de compétence et s'exprime publiquement à leur place. Selon les jours, le président est tour à tour ministre de l'Économie, ministre des Affaires étrangères ou
ministre de l'Intérieur, décidant et s'exprimant à la place de ceux-ci.
Enfin, le Parlement reste une simple chambre d'écho de l'Élysée et de Matignon, dont les projets de loi sont votés avec zèle et docilité
par les élus de la majorité parlementaire, nettement plus portés à la louange qu'à la critique. Depuis longtemps, le Parlement a cessé d'être un lieu de pouvoir et la tribune principale de
la démocratie.
Publié dans : Les Communiqués
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