Jeudi 31 janvier 2008
4
31
/01
/Jan
/2008
12:27
article paru dans le journal Sud-Ouest du mercredi
30 janvier 2008
MUNICIPALES. --Le sénateur-maire a été hospitalisé une douzaine de jours pour soigner une bronchite sévère. Il se dit prêt désormais à mener campagne
Plus qu'à l'ordinaire, la ville bruisse depuis plusieurs jours de rumeurs concernant la santé de Philippe Labeyrie. De fait, le sénateur-maire est resté hospitalisé
à Layné une douzaine de jours entre le 16 et le 28 janvier. C'est en brandissant un certificat médical signé du pneumologue Mahmoud Salman qu'il a accueilli les médias hier matin dans son bureau
de l'Hôtel de ville. Les traits tirés, la voix cassée mais l'humour intact, il a accepté de s'exprimer sur son état de santé, sur son mandat de sénateur et sur le démarrage de la campagne
électorale.
Sud Ouest. De quoi souffrez-vous?
Philippe Labeyrie. Depuis que je suis gosse, je souffre d'une bronchite chronique asthmatique. Elle est plus active à cette période de l'année quand le temps est
froid et humide. Depuis une dizaine d'années, je suis hospitalisé quelques jours dans l'année pour me recharger avec des séances de kiné et d'aérosol et puis du repos. Cette année, le stress de
la campagne n'arrange pas les choses.
C'est grave ?
Je souffre de bronchite pneumologique chronique obstructive exacerbée par l'asthme. Cela a une influence non négligeable sur ma forme physique mais ça n'est pas
grave.
La rumeur parle de cancer...
C'est lamentable (soupirs). Ce n'est pas secret, j'ai eu, il y a 7 ou 8 ans, un cancer de la vessie. J'en suis parfaitement guéri. Tous les six mois, je passe un
scanner complet et je fais des analyses de sang régulièrement. Il n'y a plus rien de ce côté-là.
Vous ne craignez pas que ces hospitalisations récurrentes et votre âge n'effraient les Montois quant à votre capacité à tenir un cinquième mandat ?
Tout le monde est hospitalisé dans sa vie (sourire)... Je me sens l'énergie et la gnac nécessaires pour un nouveau mandat. D'ailleurs, les médecins ne me poussent
pas à arrêter, au contraire. J'ai envie de faire aboutir les projets que j'ai initiés. Ce n'est pas un vice rédhibitoire d'avoir 70 ans. Cela donne une certaine sérénité que mes adversaires
cherchent à me faire perdre.
Quels sentiments vous inspire le début de cette campagne?
Elle a pris un tour qui ne me satisfait pas. Une campagne, normalement, c'est l'occasion de débattre de bilans et de projets. Là, on est au ras des pâquerettes. J'ai
d'ailleurs décidé de ne plus répondre aux chicaneries, de ne pas entrer dans ce jeu qui consiste à exciter l'autre pour le faire sortir de ses gonds.
Parmi les attaques dont vous faites l'objet figurent vos absences répétées au Sénat où vous êtes élu depuis 1983...
Les médecins m'ont conseillé d'éviter la pollution et les atmosphères enfumées. En outre, depuis un certain temps, je juge que ma présence n'est pas indispensable.
Si je ne vais pas à Paris depuis trois ans, il faut savoir que je consacre deux heures par jour aux dossiers du Sénat.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas démissionner?
Si ce n'est pas moi qui occupe ce poste, ce sera un autre ce qui ne changera rien, le Sénat étant ce qu'il est... Je crois par ailleurs que ce n'est pas le bon
moment pour démissionner vu le bordel que c'est au PS. Ce serait la porte ouverte à des tas de postulants...
Vos adversaires attaquent également votre bilan, en particulier celui des deux derniers mandats...
Quand je lis que je n'ai rien fait ces dernières années, ça me laisse rêveur. Et la plate-forme sociale, Bosquet, le quartier Nord, l'arrivée de la prison... Si
faire tout ça, c'est ne rien faire alors...
Geneviève Darrieussecq estime qu'une chape de plomb pèse sur la ville...
J'ai mon caractère, tout le monde le sait, mais je ne suis pas un dictateur. Je vais au devant des gens, j'écoute... Quel Montoise ou Montois baisse la tête quand il
me croise? Le problème pour mes adversaires, c'est qu'ils n'ont pas beaucoup d'angles d'attaque contre moi.
Comment allez-vous mener votre campagne?
Sans attaque personnelle contre les autres candidats. À la cérémonie des voeux, j'ai attaqué fort. Je n'ai pas l'habitude de tendre la joue gauche quand j'en ai pris
une sur la joue droite. J'ai répondu une fois, je ne le ferai plus si on ne s'en prend pas à ma vie privée. Je souhaite me contenter d'organiser des réunions publiques, de rédiger mon journal et
de faire une campagne que méritent les Montoises et les Montois, pas une bagarre de cour d'école. Voilà comment je vois les choses : je vais gagner, je mettrai en place mon équipe et après je
prendrai quelques jours de vacances avec ma femme et ma petite fille de 7 ans. Pas sur un yacht (rires).
Propos recueillis par Jean-François Renaut
Publié dans : Municipales
4
Vous réagissez