Ancien ministre et président d'honneur du Parti radical de gauche.
La gauche a besoin d'un profond renouvellement pour sortir de la
routine et éviter le risque d'une nouvelle défaite à la prochaine élection présidentielle. Pour cela, il lui faut à la fois mieux se coordonner et mieux mobiliser ses adhérents et
sympathisants.
D'abord, mieux s'organiser. Face à l'UMP, qui a pratiquement unifié la droite, la gauche reste morcelée, balkanisée, divisée en plusieurs formations rivales. Certes, fusionner la gauche ne
correspondrait ni à son histoire, faite de diversité, ni à la volonté de ses acteurs. En revanche, créer une fédération de la gauche, comme l'avait fait autrefois François Mitterrand, permettrait
de concilier pluralisme et partenariat.
Pluralisme, d'abord, car chacun des partis de gauche est attaché à sa spécificité, à son identité particulière et revendique légitimement
l'exercice du droit à la différence qui, d'ailleurs, permet utilement dialogue et échange entre partenaires. Il ne s'agit donc pas d'envisager une uniformité, qui appauvrirait le débat public, et
une unité de façade, qui serait artificielle.
Mais la diversité de la gauche doit jouer comme un atout, non comme un handicap. Le résultat du 21 avril 2002 et l'absence de la gauche au
second tour tiennent pour beaucoup à son excessive division au premier tour de cette élection présidentielle. De telles circonstances peuvent se reproduire. Pour l'éviter, il faut donc concilier
pluralisme et partenariat en créant une structure fédérale qui, tout en laissant subsister chacune des formations de gauche, les coordonne pour des actions conjointes et dégage une stratégie
commune. En particulier pour la présidentielle.
SENTIERS BATTUS
L'aboutissement de cette organisation serait des primaires de toute la gauche. Certes, il y existe déjà des primaires, mais
celles-ci sont propres à chacun de ses partis (PS et Verts en 2006), votant séparément, chacun de son côté. Pour progresser dans la voie du rassemblement, mieux vaudrait donc des primaires de
toute la gauche. Celles-ci seraient ouvertes à l'ensemble des adhérents et sympathisants de gauche, sans que chaque parti mette en oeuvre préalablement et séparément sa propre procédure de
désignation. Dans ce cas, plusieurs candidats, appartenant tant au PS qu'aux autres formations (PCF, PRG, Verts, MRC), pourraient participer, simultanément et ensemble, à la compétition ouverte
pour l'investiture par la gauche de son candidat commun à l'Elysée.
Ce mode de désignation - dont les modalités sont précisées dans une proposition de loi que j'ai déposée le 15 février 2006 - permettrait un
large débat public devant tous les adhérents et sympathisants de gauche, appelés à choisir eux-mêmes, par ce canal, entre plusieurs candidats à la candidature.
Autre avantage : ce processus permettrait d'élaborer le projet présidentiel dans le cadre même de ces primaires, chaque candidat avançant et
testant ses propositions au contact direct des adhérents et sympathisants. Cela favoriserait la définition d'un programme réellement fédérateur, faisant la synthèse des aspirations exprimées dans
cette précampagne et donc susceptible de convaincre ensuite l'ensemble des électeurs de gauche lors du scrutin présidentiel.
La gauche peut rester fragmentée et persister dans les sentiers battus. Dans ce cas, il est peu probable qu'elle l'emporte demain. En
revanche, une fédération de la gauche et des primaires communes à tous les partis la composant créeraient une dynamique nouvelle pour 2012. Il n'est pas trop tôt pour y penser.
:
Démocratie, république, Laïcité, solidarité, Humanisme...Les Radicaux de gauche des Landes appliquent leurs valeurs à la gestion des institutions où ils siègent, dans le respect des citoyennes et des citoyens.
Vous réagissez