Jeudi 12 juin 2008
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On parle beaucoup depuis
quelques semaines des projets de révision constitutionnelle visant à « moderniser » les instituions de la République, mais on est resté bien discret sur les mesures annoncées ,au détour de
l’exposé des motifs du projet de loi, et qui vise à « ouvrir la voie à une profonde réforme du Conseil Economique et Social ».
L’exposé des motifs du projet de loi visant à « moderniser » les institutions de la république indique de façon explicite que « ces mesures
préfigurent une vaste réforme de la composition du CES (Conseil Economique et Social), qui devra faire davantage de place aux organisations non gouvernementales (ONG), aux jeunes, notamment aux
étudiants, et aux grands courants spirituels . »
Aujourd’hui troisième Assemblée constitutionnelle de la République, le Conseil Economique et Social créé en 1925, reconnu par la constitution
en 1946 et enfin, inscrit dans le titre spécifique de la Constitution en 1958 est le résultat d’une longue histoire, faite de débats nourris sur la place des corps intermédiaires dans notre
démocratie.
Le statut du CES, depuis 1958 , est la résultante de cette longue gestation qui a conduit au fil des ans à tendre vers une représentation de
la société civile organisée, et donc de l’ensemble des catégories socio-professionnelles, aussi équilibrée que possible.
Sa fonction, consultative, souvent méconnue, est de conseiller les pouvoirs publics ( par la formalisation d’avis, de rapports, ou d’études
destinées au gouvernement) dans l’ensemble des domaines économiques et sociaux. Il apporte régulièrement sa contribution dans les domaines les plus divers , tels que la culture, le sport,
l’environnement,…
De par sa représentation, le CES est un lieu privilégié de réflexion, de débat, d’échanges permettant l’expression de synthèses assez
largement consensuelles et donc d’avis particulièrement intéressants.
De très vives réactions
Depuis quelques semaines l’émotion est grande et les réactions sont vives dans les rangs des différents groupes qui composent
l’institution.
Le Président du CES lui-même est interrogatif sur les réelles intentions qui sous-tendent ces projets et ne cache pas ses inquiétudes au
regard d’un dossier complexe et qui risque de devenir conflictuel, voire explosif.
Philippe Dechartre, ancien résistant et ministre du Général de Gaulle , membre éminent de la famille des gaulistes sociaux, et qui siège de
longue date avec assiduité au CES, interrogé par FO Hebdo, se déclare particulièrement soucieux et pense qu’il est nécessaire de réagir pour « ne pas se réveiller trop tard ».
La question de l’entrée des mouvements environnementalistes (et les questionnements sur les bases de leur légitimité) n’est pas simple et
comporte de grands risques avec , par exemple « les grandes succursales des organisations internationales », leur organisation, leurs financements,…
Par ailleurs, nombreux sont ceux qui pensent que le CES n’a pas attendu l’entrée d’ONG « spécialisées » pour traiter des sujets relatifs à
l’environnement…les dossiers traités ces dernières années peuvent aisément en attester.
Forces spirituelles
Enfin, lorsque la question des courants spirituels est évoquée (ouvrant immédiatement par là-même le débat sur la laïcité), les réactions sont
unanimes pour rejeter l’idée de l’entrée des forces spirituelles dans la troisième assemblée de la République.
Philippe Dechartre fait partie de ceux qui entend s’y opposer jusqu’au bout et affirme avec véhémence sa totale hostilité. « je suis un vieux
laïque » dit il. « Je ne vois pas pourquoi on ajouterait au CES des gens en uniforme religieux dans un système d’Etat qui n’a nullement besoin d’une telle présence »…
Osons espérer que face à ces réactions, la raison ou la sagesse saura l’emporter !...à défaut nous entrerions dans une autre conception de la
République !
Publié dans : prglandes.org
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Le gouvernement du peuple par le peuple, implique une instruction généralisée de l'ensemble de la population
Un terrain aux discours dans la diffusion d'idéologies contraires serait source d'insécurité