Dimanche 10 août 2008
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Le dalaï lama entame lundi en
France une visite de douze jours hautement symbolique en pleine période des jeux Olympiques en Chine, mais aucune rencontre au sommet de l'Etat n'est prévue pour le chef spirituel tibétain afin
de ne pas envenimer les relations entre Paris et Pékin.
La visite du responsable bouddhiste de 73 ans, Prix Nobel de la Paix et incarnation mondiale de la non-violence, est
essentiellement religieuse, à l'exception d'une rencontre prévue avec des parlementaires.
Le président Nicolas Sarkozy a finalement annoncé qu'il ne le rencontrerait pas lors de cette visite en expliquant que le chef
spirituel du bouddhisme tibétain n'avait pas sollicité un tel entretien à cette occasion.
Le chef de l'Etat, dont la position a été qualifiée de "renoncement" par l'opposition en France, a toutefois assuré qu'il aurait
l'occasion de s'entretenir avec lui, sans préciser à quelle date.
La période des jeux Olympiques de Pékin n'est "pas le moment" pour une telle rencontre, a confirmé un représentant du dalaï lama en
France, Wangpo Bashi, précisant qu'une entrevue avec le chef de l'Etat français était toutefois envisagée "dans l'année, plus tard".
La Chine, qui considère le dalaï lama comme un "sécessionniste", avait mis en garde Paris contre une telle rencontre et brandi la
menace de "conséquences graves" sur les relations bilatérales, à quoi Nicolas Sarkozy avait rétorqué que ce n'était pas à Pékin de "fixer son agenda".
Mais le chef de l'Etat français s'efforce désormais de calmer le jeu avec la Chine après des mois de tensions liées notamment au
passage chaotique de la flamme olympique à Paris.
Ces tensions avaient notamment entraîné une mise à l'index de la destination France par les voyagistes de Pékin pendant plusieurs
semaines.
Dans un souci d'apaisement, Nicolas Sarkozy s'est finalement rendu à la cérémonie d'ouverture des JO, qu'il avait un temps menacé
de boycotter. Il a assuré que "la page du malentendu" était "tournée" entre les deux pays, dont il a célébré l'amitié "indéfectible".
La visite du dalaï lama sera avant tout "spirituelle, religieuse parce que c'était voulu de cette façon là", a indiqué Wangpo
Bashi, rappelant que la venue du chef spirituel tibétain était prévue "de longue date", puisqu'elle devait initialement avoir lieu en juillet 2006, bien avant les émeutes au
Tibet.
Une seule rencontre "politique" est prévue, au Sénat avec des parlementaires, le 13 août. Il y quelques mois, le ministre des
Affaires étrangères Bernard Kouchner et sa secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade s'étaient dits prêts à le rencontrer.
Le temps fort de cette visite sera une série d'enseignements dispensés par le responsable bouddhiste à Nantes (ouest), du 15 au 20
août.
Le dalaï lama visitera aussi des centres et congrégations bouddhiques en région parisienne, en Normandie et Bretagne. Le 22 août,
il inaugurera un temple à Roqueredonde, dans le sud, en présence de la première dame Carla Bruni-Sarkozy. Il achèvera sa visite le 23.
Depuis un an, le 14e dalaï lama a été reçu par plusieurs leaders mondiaux, parmi lesquels George W. Bush, Angela Merkel ou Gordon
Brown, au grand dam des autorités chinoises.
Le responsable bouddhiste, qui est venu à une dizaine de reprises en France depuis 1982, avait été reçu en 1993 par le président
socialiste François Mitterrand.
En France, 770.000 personnes, dont les 3/4 sont d'origine asiatique, se réclament du bouddhisme, selon l'Union bouddhiste de
France, même si le nombre de pratiquants est difficile à cerner.
Publié dans : prglandes.org
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