Mercredi 22 juillet 2009
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Adopté le 17 juin, en deuxième lecture, par l’Assemblée nationale,
puis le 2 juillet par le Sénat, le projet de loi « Grenelle I », qui fixe les grandes orientations de la France en matière de transports, d’énergie et d’habitat dans le souci de préserver
l’environnement et le climat, poursuit son processus avant validation définitive par le Parlement. Un interminable, parcours selon les mouvements écologistes qui déplorent la lenteur du
processus. Une Commission mixte paritaire se réunit cette semaine pour établir un texte de compromis qui pourrait être adopté par les deux assemblées.
Le Grenelle avance lentement ... mais sûrement ? Trop lentement jugent les mouvements écologistes comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot qui s’interrogent sur la lenteur
du processus. Adopté jeudi 2 juillet en deuxième lecture par le Sénat après avoir été approuvé le 17 juin par l’Assemblée nationale, le projet de loi « Grenelle I » doit maintenant passer devant
la Commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée d’établir un texte de compromis qui sera soumis aux deux assemblées pour une adoption définitive.
La CMP devra se pencher, entre autres, sur une demande d’étude controversée demandée par le Sénat en vue d’autoriser la circulation dans l’hexagone de poids lourds jusqu’à 44 tonnes (contre 40
aujourd’hui). Elle décidera aussi de la pertinence de certaines dispositions rétablies par les sénateurs (qui les avaient votées en première lecture) et que l’Assemblée nationale avait supprimées
lors de sa deuxième lecture. Ils ont ainsi réintégré, par exemple, l’avis conforme des architectes des Bâtiments de France pour les autorisations de travaux dans les zones de protection du
patrimoine auquel les députés avaient substitué un avis simple. Ils ont également demandé de subordonner la production des biocarburants à des critères de performances énergétiques.
Un « long » processus
Mais le projet de loi Grenelle I n’est qu’une première étape. Loi de programmation, elle entérine des objectifs, donne un statut juridique au processus du Grenelle et retranscrit les principales
mesures adoptées à l’issue des tables rondes d’octobre 2007. « Elle ne détaille pas les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures qui seront prévues dans la loi portant engagement
national pour l’environnement dite « Grenelle 2 », explique la FNE. « Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements est encore loin d’être déclinée concrètement sur le
terrain. Dans le même temps, les indicateurs environnementaux n’ont cessé de s’aggraver », s’inquiète l’association de défense de l’environement.
La loi d’orientation « Grenelle I » sera en effet complétée de son application technique, dite « Grenelle II », sorte de « boîte à outils » de la première, qui sera discutée à l’automne par le
Parlement. En attendant, la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du Sénat l’a examinée et adoptée le 8 juillet. Les sénateurs de la commission ont
voté l’ensemble du texte après 35 heures de discussion et l’examen de pas moins de 1.089 amendements. Déposé maintenant en première lecture au Sénat, ce projet de loi permettra de transcrire dans
le droit les objectifs généraux définis par le projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement.
Un spécialiste du développement durable
Dans le cadre du titre V du Grenelle 2 consacré aux « risques, santé et déchets », la commission des Affaires économiques du Sénat n’a pas hésité à lancer un signal fort en votant l’interdiction
des téléphones portables dans les écoles et les collèges, suivant les recommandations du Grenelle des ondes. La Commission a également relevé de 12 à 14 ans le seuil d’interdiction de la
publicité pour les mobiles à destination des enfants. Elle a enfin voté « l’obligation pour les distributeurs de reprendre gratuitement les équipements électriques et électroniques usagés lorsque
les consommateurs les ramènent ». Autant de dispositions qui devraient à termes bouleverser notre vie quotidienne. Face à l’enjeu, c’est un spécialiste du développement durable, Serge Grouard,
qui a été désigné rapporteur du projet de texte de loi du Grenelle 2, avec Bertrand Plancher, député UMP de la Meuse. Le député Maire d’Orléans est l’un des premiers maires de France à avoir doté
sa ville d’un Agenda 21. Il a également été désigné membre de la CMP (Commission Mixte Paritaire) sur le Grenelle 1, qui se tiendra cette semaine. « Je suis heureux d’avoir été désigné à
l’unanimité, confie t-il. Mon implication dans le développement durable est déjà ancienne, et c’est un sujet si important qu’il dépasse les clivages politiques. C’est pour moi le thème majeur qui
oriente notre siècle, et qui lui donne un sens ».
Source: Journal du DD
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